L’état d’hypnose permet d’accéder à une perception de la nature élargie, par une forme de sensorialité accrue, une compréhension profonde de l’environnement, un développement de l’intuition, une ouverture des réminiscences et des résonances, un éveil, …

Les applications sont multiples: marcher en pleine conscience en forêt, regarder une fleur comme si c’était la première fois qu’elle s’offrait à notre  regard, se laisser dériver en rêve éveillé dans l’odeur des bruyères, focaliser son attention sur le chant d’un oiseau au point de ne plus entendre les autres sons environnants, planer au delà des flots, les pieds ancrés face à la mer, sentir la mousse sous les doigts avec une acuité émouvante, jouer avec l’association spontanée des sens, observer le corps choisir ses mouvements et déplacements, contempler le relief d’une écorce au point d’avoir l’impression de s’y inscrire, découvrir « l’art de ne rien faire », en goûtant simplement, naturellement, au confort de l’instant présent.

Grâce à l’accompagnement en hypnose et à l’entrainement de l’autohypnose, l’immersion dans la nature donne également accès à une perception singulière de soi faisant partie du monde. Je me souviens particulièrement d’une halte, les pieds dans l’eau, en transe légère, où des petits poissons sont venus manger mes peaux mortes. Une partie de moi flottant dans l’air et la lumière douce du soleil, une partie en contact avec les pierres, dans l’eau, une partie virevoltant dans l’estomac d’autres êtres… et la compréhension si puissante, apaisante, rayonnante, de faire partie intégrante de cet univers en mouvement.

Il suffit d’oser 🙂

Bienvenue en séance

© Marie Lisel

 

Une stagiaire a pris des notes sur un atelier et me les as envoyées

Marie nous donne les bases pour une séance hypnotique en macro :

« Assise dans les herbes hautes du mois de mai, je fixe le sol, et tout d’abord je ne vois rien, peu habituée à ce niveau de perception. Mais là, devant moi, il y a… mais oui, une toute petite araignée perchée au bout d’une tige de folle avoine. Elle ne bouge pas. Je la fixe, attendant qu’elle fasse quelque chose. Rien. Et juste quand je détourne mon regard une seconde, elle disparait. En fait elle s’est décalée vers le bas, et je finis pa rla retrouver. Elle veut me faire éprouver ma patience, chose pour laquelle je ne suis pas douée naturellement.

Comme j’ai repris l’effort de la fixer à nouveau pendant un long moment, elle m’a récompensée en tirant le premier fil de sa toile vers l’herbe d’à côté. Bon, me suis-je dit, là elle va tisser toute sa toile devant mes yeux éblouis ! Mais elle n’en a rien fait… Après cet effort elle s’est reposée en restant immobile à nouveau. Elle s’est moquée de moi. « je ne vais pas reprendre tout de suite, m’a-t-elle expliqué, avant il faut que je prenne soin de moi. »

Et elle a commencé une petite toilette d’araignée, se lissant les poils avec une de ses pattes arrières. « tisser une toile est un ouvrage de longue haleine » a-t-elle repris, « et je n’arriverai pas au bout dans la précipitation. Toi aussi tu dois apprendre à construire la tienne tranquillement, en avançant chaque jour un petit peu, sans vouloir rien forcer. Alors les choses se présenteront d’elles mêmes, et comme tu seras reposée et ouverte, tu les verras. Tu pourras t’en saisir, une à une pour tisser la toile de ton projet. Comme cela tu auras quelque chose de bien solide, en plus d’être joli. Et tu pourras en profiter à fond en toute légèreté. »

« Maintenant, j’ai fini de te parler » a-t-elle poursuivi, « tu peux me laisser je voudrais me reposer. Au revoir, fais attention quand tu verras d’autres araignées, il y aura des messages ».

J’ai cligné des yeux, un peu sonnée, et je suis revenue dans ce monde que nous croyons être la seule réalité, et reconnaissante envers Marie de m’avoir ouvert cet horizon.

Quelques jours plus tard j’étais devant mon bureau au travail, et j’ai soudain lâché un gros soupir car je n’avais vraiment pas envie d’être là ce matin là, cela faisait de moins en moins sens pour moi. En levant mon regard de l’écran de l’ordinateur, j’ai regardé par la fenêtre qui donne sur les falaises du causse, et là j’ai vu, scintillante dans le soleil, une magnifique toile d’araignée qui me faisait un clin d’oeil … « patience ! », me disait-elle. »

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