L’hypnose stimule la créativité et nous permet d’apprendre à nous en servir pour modeler un rapport au réel satisfaisant nos besoins et désirs profonds.

Elle est aussi un outil de création artistique, comme si l’art était « augmenté » par l’hypnose (l’expression est de Catherine Contour et fait référence à la réalité augmentée par superposition d’un modèle virtuel).

Dans la vie courante, les créatifs inventent des concepts, des machines, des histoires, des façons de traverser la ville, de s’habiller, de communiquer, d’être avec l’autre, de gérer le temps, d’accorder des aliments, de se jouer des vicissitudes… car la créativité est un état d’esprit : à chaque fois que nous prenons du recul par rapport à nos croyances, nos habitudes, nos conventions, nos réflexes, que nous ruons dans les brancards du conformisme et que nous faisons une proposition positive de dépassement de la routine, nous enclenchons un processus créateur.

La créativité n’est pas l’apanage des artistes, même si certains artistes vouent leur vie entière à l’expression de cette attitude intérieure et la pousse donc à son paroxysme.

Pas mal de magazines et webzines se sont interrogés dernièrement sur ce qui démarquerait les personnes créatives de celles qui se disent non créatives.

 En dressant la liste des caractéristiques relevées dans différents articles grand public, je me suis dit que l’on n’aurait pas parlé des bénéfices de l’hypnose autrement.

 Donc j’ai continué la liste commune (à poursuivre dans les mois qui viennent au gré de mes lectures et de vos propositions), en me restreignant dans mes allusions aux textes de John Cage, l’un de mes « maîtres es créativité », d’où sa photo, en pleine cueillette de champignons, comme illustration de cet article.

 Voilà : cqfd 🙂

604__goc3bbt_cage_john_aux_champignons

Le goût de l’aléatoire ? Le fait de se servir du hasard ? Les opérations fortuites ?

Le goût de l’inquiétante étrangeté ?

La curiosité ?

L’invention de réponses, solutions, réactions, représentations du réel, face à une situation nouvelle?

La capacité à laisser (ad)venir ? à accueillir ce qui vient ? La capacité à laisser faire, à ne pas vouloir tout maitriser ?

L’adaptabilité ? La capacité à surfer sur la situation qui se présente, même inconnue ou impromptue ? A être comme l’eau vive ?

La capacité à zigzaguer ? Le fait de privilégier les bifurcations aux chemins présentés comme évidents ? Le fait de ne pas « aller droit » selon la croyance dominante du « droit chemin » ?

La capacité à rebondir de façon ludique sur les mille et un petits tracas ?

L’acceptation du risque ?

La sérendipité – capacité à utiliser des éléments trouvés alors qu’on cherchait autre chose ?

L’audace ? oser s’ouvrir à l’inconnu, au jamais vu, au jamais pensé

Le fait de se permettre des tâtonnements, les coups pour rien, des erreurs, plutôt que d’attendre d’être parfaitement prêt pour créer (ce qui n’arrive jamais) ?

L’utilisation des insatisfactions vers un dépassement ?

Le fait de rester aux aguets, en recherche d’un au-delà de soi-même ?

Le fait de se poser sans cesse des questions ?

La capacité à discuter l’ordre apparemment naturel des choses, à ne pas se satisfaire des conventions, de la routine… de ne pas respecter scrupuleusement des modèles (écoles, parents, médias, croyances des proches)

La déshinibition (et désobéissance non pas par principe d’être contre mais au cas par cas, pour suivre ses intuitions) ?

La positivité (critique ET proposition positive) ?

L’espace-temps désencombré accordé à ce qui pourrait se passer ? L’acceptation du vide vécu et non subi ou fuit?

L’acceptation d’un temps de latence, où l’on reste en « jachère » sans forcer

L’état de réceptivité et de sensibilité ? La captation d’éléments a priori cachés, l’amplification des sensations, l’intensification des émotions ?

La confiance en soi ? L’estime de soi ? le fait de prendre ses décisions par soi-même ?

L’empathie ? être en connexion avec l’autre, avec son for intérieur (rêverie, fantasmes, intuitions), avec chaque environnement (nature, conversation singulière entendue dans le métro, famille, musique…), comme une éponge qui donne et absorbe des informations très diverses.

La transformation des éléments captés, leur mélange et leur association entre eux, pour en extraire une création personnelle nouvelle ?

La capacité à réagir dans l’ici et maintenant, identifié à l’instant présent, sans la restriction du souvenir et de la projection (qui activent des peurs) ?

La capacité à la rêverie active, au rêve éveillé, aux constructions imaginaires ?

La connexion à soi ? L’écoute de l’intuition, du sentiment d’évidence, des impressions ? La prise en compte du « regard intérieur » ?

La levée des contrôles intellectuels et rationnels, vers une sorte de « débranchement » des connexions habituelles, pour laisser émerger des connexions nouvelles qui sont habituellement censurées ?

L’ouverture aux émotions ?

L’aptitude à la prise de conscience, à l’épiphanie, au déclic mental, qui révèle ce qui restait caché ?

La capacité au flottement, à la rêverie floue, à la dérive ?

Le dépassement ou détournement des limites, des cadres, des codes, des conventions, des habitudes ?

L’exaltation face à l’ouverture du champ des possibles ?

Le goût du jeu ?

L’observation de ce qui semble a priori peu important et qui révèle pourtant un monde ?

L’originalité dans la manière de faire des liens, des connexions, des imbrications ?

La faculté de vivre une infinité d’expériences, dans le cinéma intérieur (ce que je me raconte en mots, images, sensations), pour en tirer des réponses, des émotions nouvelles, des apprentissages, des essais… par l’imagination ?

La capacité à laisser venir le chaos, pour laisser émerger par la suite un nouvel ordre, une nouvelle représentation, construite sur une autre logique que celle qui présidait ?

La possibilité de changer de façon de fonctionner volontairement (programme personnel de précision, efficacité et confiance pour une tâche, puis lâcher-prise, puis créativité, par exemple)?

La possibilité de transformer volontairement la représentation subjective d’un événement et l’état émotionnel qui l’accompagne (autrement dit, de changer l’histoire habituelle que l’on se raconte face à tel événement) pour en tirer une nouvelle expérience, découvrir une nouvelle partie du monde et de soi-même?

La liberté que l’on s’accorde à soi-même?

 

Il suffit d’oser 🙂

Bienvenue en séance

© Marie Lisel

Publicités