La plupart de mes clients utilisent rapidement des techniques d’autohypnose et ce, sans que je leur en donne les bases formellement. Je suis épatée de la façon dont ils apprennent juste en pratiquant, s’autonomisent et inventent des solutions inédites, en séance et en-dehors, dans la vie quotidienne.

Il est évidemment possible de prendre des cours d’autohypnose (il y en a le jeudi soir à l’Arche, notamment). Moi je préfère la méthode d’une pierre deux coups: apprendre en pratiquant avec un accompagnant et s’autonomiser peu à peu. C’est tellement agréable de  se rendre compte que l’on est capable de prolonger une partie du travail tout seul!

Ce qui suit est technique et s’adresse plutôt à mes collègues:
En séance,
-1- j’évoque la permission : « au fur et à mesure vous allez apprendre consciemment et inconsciemment à vous servir par vous-même de cet outil, à votre rythme, qui est différent pour chacun-e. Ce que vous en ferez sera bon pour vous car votre partie profonde vous veut du bien » + fusibles de base (à décliner au besoin surtout pour les personnes qui ont tendance à se dévaloriser ou pour les fonceurs)
– 2- quand il y a une demande (in)directe d’un truc concret (c’est trop ceci ou je ne peux pas, ce serait plus facile si…) en transe, j’essaye le « faites-le vous même, vous pouvez le faire, souvenez-vous du ciel de la dernière fois, facile, demandez-vous! », si début de panique, j’ajoute le « comment allez-vous vous y prendre? » et si je vois que le challenge plait, je tente carrément le « je reviens, vous le faites pendant que je ferme la fenêtre? » Quand c’est fait je n’insiste pas sur le comment, c’est normal, ils sont capables, c’est tout, on continue. Ca marche bien notamment avec les sous-modalité: au début, je pose les sous-questions, puis de moins en moins, jusqu’à ce qu’ils me disent « attendez, je transforment le port-l’arbre-le pont-…, il pourrait être mieux, j’arrive »). Pour cela, une ambiance ludique (même dans un travail douloureux), aide à avoir confiance et à oser dans le plaisir du jeu.
-3- j’évoque la prolongation du travail et aussi des apprentissages : « tout cela va continuer sans que vous vous en préoccupiez, la nuit, par exemple »
-4- je pose un ancrage lié à un geste et à des respirations particulières, sur la connexion à une/des ressource(s) avant l’éveil : « à n’importe quel moment, vous pourrez retrouver… ». Tout cela se fait discrètement, dans le flux et non dans une partie de « cours d’autohypnose »
-5- je demande des nouvelles en début de séance, de ce que la personne a réussi à changer, volontairement et/ou inconsciemment et/ou en demandant volontairement à son inconscient. De ce qu’elle a tenté de changer, V, I ou par demande de V à I et ce qui s’est passé. Etc.
Parfois, les personnes me rapportent juste un exercice de relaxation pour dormir ou pour sortir d’un état désagréable (angoisse, douleur, acouphène, envie de clope…) ou pour créer artistiquement.
Il peut également s’agir d’une connexion avec les parties intérieures que nous avons fait dialoguer en transe (« j’ai dû négocier avec la fofolle pour faire ça, on a rit »-> l’ambiance de la séance où les discussions entre parties sont teintées d’humour allègent les négociations en autohypnose, sans accompagnement), et certain(e)s, le font avec les mains qui « répondent » et trouvent ça naturel.
Une cliente a aussi bercé la fillette qu’elle a été/est avant de s’endormir et a trouvé là un joli moyen de passer de douces nuits.
D’autres inventent des ancrages « j’ai ma touche là, c’est cool ».
J’aime mon job  🙂

© Marie Lisel

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