-Transformation de la subjectivité par le rêve lucide-

Je me réveille dans un grand lit blanc, un matelas posé au sol sur un parquet avec un édredon et un oreiller moelleux, comme je les aime. Un miroir placé à côté de la fenêtre, à gauche, me permet de voir les feuilles des arbres trembler dans la brise. Je regarde les reflets, sourire aux lèvres. Puis je me lève et me vois dans le miroir. J’ai un tatouage noir de forme carrée, figuratif (difficile de me souvenir exactement, je pense à une image qu’une amie m’a montrée dernièrement). Il est imposant, là, au creux du cou, à droite. Je cherche à me souvenir de quand et comment j’aurais pu me marquer de la sorte. Je fais défiler les hypothèses.

Je réalise alors que je rêve! Youpi! Profitons-en… 
Après des péripéties ludiques (je profite de mon rêve lucide pour jouer un peu, ce sont toujours de sacrées expériences!), j’arrive dans une salle où il y des personnages ressemblant aux dessins du « Voyage de Chihiro » (Hayao Miyazaki, 2001). La plupart sont occupés à discuter, à danser…

Cinq ou six grands êtres aux visages flous et sévères et aux toges longues (tissu noir et blanc, comme le costume des personnes de loi), sont affalés dans des transats de plage colorés, en double rang. Ils m’impressionnent, mais j’ai envie de leur demander d’éclaircir une émotion qui m’encombre et me questionne. J’ai l’intuition qu’ils vont pouvoir m’aider. Je les salue, en prenant le temps de les regarder un à un. Regard posé et « bonjour » sobre. Je me sens à la fois humble et à ma place. Puis je leur annonce « si vous êtes d’accord, j’aimerais vous poser une question ». Silence dans la salle entière, tout à coup. Tout le monde tend l’oreille car interpeller ces personnages en toge est un acte fort.

Je me lance: « La question est « de quoi ai-je peur? » ».
Et là, ils se mettent, un à un puis ensemble, à chanter et à mimer des scènes. Je suis interpellée, j’écarquille les yeux, je ris et en même temps, une série de compréhensions profondes se mettent en place comme les vertèbres chez un ostéopathe (clac clac clac clac…), sans que je comprenne rationnellement ce qu’il se passe.

Une position méta me dit que cette scène va me remettre d’aplomb, que les rêves lucides sont décidément magiques! Je l’écoute et, en même temps, je reste offerte à l’expérience, en immersion.

Puis le rêve se poursuit de façon plus classique avec un autre épisode, jusqu’au « vrai » réveil.

Ce matin, je ne me souviens pas du contenu des compréhensions (les « clac clac clac… »).
Je me sens simplement libérée d’un poids. Réalignée.
J’aime mes rêves!

© Marie Lisel

PS: mes autres articles sur les rêves lucides sont ici.

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