EXPLORER SES MYTHES INDIVIDUELS

Je voulais découvrir le Rêve Éveillé Dirigé – Marie s’est joliment proposée comme guide. Nous avons de nombreuses connaissances en commun, dans tous les sens du terme mais ne nous étions jamais croisées. Après avoir pris le temps d’échanger autour d’une tisane, nous avons lancé le rêve.

Ma difficulté choisie ? L’impression d’alterner depuis des années des moments de grande liberté de mouvement dans lesquels je me sens très déracinée et quelques moments d’enracinement dans lesquels je perds ma liberté de mouvement. Nouvellement rendue mère par la naissance de mon fils, mon intention était de parvenir à mêler ce qui devait l’être. Marie m’a aidé à formuler cette intention de manière positive et claire pour pouvoir la répéter ensuite dans le voyage onirique.

Le dessin s’est imposé dès le départ. Je vois un marais, eau et sable déphasés, séparés. Un jonc y pousse, jonc simplifié par le dessin, il semble simplement planté là. Des racines multidirectionnelles s’étirent puis battent comme une corolle de méduse. Marie m’engage à prêter attention à une racine plus particulièrement. Sort d’un sous-sol invisible une asperge (cela m’amuse et malgré la grande émotion produite par cette plongée dans mon imaginaire et au-delà, ainsi qu’un certain inconfort physique au-niveau de la respiration et de la déglutition, je m’amuse souvent tout au long du voyage – consciente des clins d’œil qui parsèment cet étrange paysage) au milieu des racines flottantes. Celles-ci se relient par des filaments, deviennent filet de pêche tandis que « l’asperge » se couvre de ce qui ressemble à des feuilles de liserons.

Passage au noir. Grains de beauté comme des points à relier pour faire apparaître un dessin, ici, rien de plus que la représentation d’une constellation, que je ne reconnais pas.

Apparition d’un hippocampe (sourire, cet l’animal dont le mâle porte les petits et le nom d’une partie du cerveau) que je veux suivre en mer. Je vois un poisson plat dissimulé sous le sable (je ne le reconnais pas sur le moment – je pense maintenant qu’il s’agit d’une limande). Il ne révèle rien mais s’est laissé voir… une forêt d’algues, un anneau qui brille sur le fond, l’hippocampe en fait le tour, c’est apaisant, l’anneau reste là. En revanche j’emporte une pousse d’algue ou une petite anémone.

Je vois un œil, l’iris d’un œil, l’iris est protubérant comme un volcan et l’anémone est en son centre, elle est sa pupille. La lave semble rentrer par le cratère, je me dis que ce volcan s’auto-ingère, cela devient géométrique et abstrait, deux triangles rectangles dont les côtés sont en mouvement perpétuel. Une plaisanterie arrive, l’instrument de musique : le triangle dont, adolescente, je pensais qu’il était tenu par le musicien le plus libre, le plus téméraire de l’orchestre, celui qui ne se cache pas derrière une contrebasse ou un violoncelle, celui qui n’est ni pianiste ni violoniste… et qui est présent, debout, tout du long pour intervenir si peu. Cet instrument se réduit jusqu’à n’être qu’un trou qui permet d’autres métamorphoses, un arbre, de la mousse, un paysage sinusoïdal,  Ratatoskr – écureuil de la mythologie islandaise.

A la fin, ma peau est très réactive, mes tatouages sont legèrement en relief [là, dans le réel présent], une cicatrice sur le bout de mon index me démange : c’est ici que je conserve mon anémone qui se mêle à la chair.

Marie m’a accompagnée avec le sourire, en empêchant le voyage imaginaire de s’interrompre ce qui était sa tentation (et la mienne sans doute malgré le désir d’aller plus loin), sans ajouter ou retrancher quoi que ce soit. Elle a été présente et a partagé la durée de cette chose vécue sans insister, sans surajouter. Exactement comme c’était bien pour moi à ce moment-là. Je crois fortement que cela pourra être différent une autre fois et le serait forcément avec une autre personne que moi, moi de cet après-midi là.

Je recommande son accompagnement à celles et ceux qui voudraient explorer leur mythes individuels et se relier aux rêves collectifs, qui sont prêt.e.s à affronter l’intérieur ou qui veulent s’y ressourcer et je me prescris de retourner voyager avec elle. 

 

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