Témoignage de REAH avec la permission de l’autrice.

Dans la gorge la confiance.
C’est bleu, comme des coups de pinceaux, des mouvements des gestes de peinture.

Il faudrait que ce bleu recouvre tout l’intérieur de mon corps alors je commence à peindre mais je me dis que verser un pot de peinture et me retourner comme un moule pour vider le surplus sera plus efficace.
Me voilà toute recouverte de bleu à l’intérieur. De la confiance partout.
J’y remets maintenant les organes et le squelette.

Comment représenter cette attente morbide d’une reconnaissance familiale ?

Un paysage s’ouvre à mes yeux, sinistre, désolé, calciné.
Je marche avec mon chien et je me demande si c’est moi qui doit transformer ce paysage ou si je dois simplement aller ailleurs, sensation que ce paysage ne m’appartient pas.
Le sol sablonneux se dérobe sous mes pieds comme s’il coulait dans un sablier.
Je passe à travers et me retrouve dans le fond du sablier, dans un paysage de sable noir et fin.
Il faut chercher un passage, une issue quelque part dans le verre de ce sablier qui m’enferme.

On creuse, on cherche, on trouve une masse. On casse le verre qui se brise.
De l’autre côté un univers vide et noir, rien pour y poser le pied.
Puis un escalier qui descend, monte, tourne en rond, comme dans dessins de Escher. Ça ne mène nulle part. Je demande au chien de m’aider, il appelle mon chat. Mon chaton noir qui trouve un petit trou avec de la lumière derrière, juste assez grand pour lui. Le chien creuse et nous crée un passage. On est maintenant dans un paysage verdoyant, luxuriant, ce serait comme le pendant du premier paysage désolé mais celui-ci très vivant. Ils sont connectés par le chemin que j’ai parcouru entre les deux, par une sorte de tunnel, ou de cordon…
Je commence à remplir ce cordon d’herbes, de feuilles, de paille, d’huiles essentielles pour le purifier, le nettoyer.

Ensuite je le coupe. A ras de mon paysage vivant.
Et je le vois s’envoler dans ce grand univers froid et vide avec son cordon qu’il traîne. Je fais une prière pour lui, pour qu’il trouve le chemin, le chemin de la vie.

On se fait un câlin avec le chat et le chien. On parcours, on se promène dans le paysage vivant.
Il y a une cascade. On y trempe les pieds, puis on se douche tous les 3. ça rafraîchit, ça nettoie puis le jet devient si puissant que ça devient lourd et ça creuse le sol jusqu’à y créer un passage, un tunnel qui débouche sur un endroit où il y a un feu avec un homme assis autour du feu qui m’invite à m’asseoir.
Ses mains font des signes que je ne comprends pas. Chien et chat s’installent près de lui et il les caresse. Il m’invite à me rapprocher et à accepter aussi ses caresses.
Refaire confiance aux hommes. Je doute. Son intention n’est pas claire, entre une simple bienveillance et un désir sexuel.
Je prends en compte la demande de réconciliation mais reste sur mes gardes.

Encore quelque chose à trouver ? Demande Marie. Une ressource ?

Un passage s’ouvre dans le ventre de l’homme, au fond de ce passage sur le sol une petite pierre brille. Elle veut bien se mettre dans ma gorge – c’est la confiance.
Elle demande que je me tienne droite pour lui faire de la place.
Elle irradie dedans et dehors. Elle éclaire les choses. Quand les émotions arrivent, quelles qu’elles soient, elle les accepte et les prend sous son aile, les protège et leur donne confiance et vie.

–Méditer chaque jour un peu pour mettre ce qui veut venir en lumière, et lui donner la confiance. Se tenir droite, signaler quand ma position se ferme et comprendre pourquoi.

Quel beau rêve. Si parlant, si bavard. Combien de fois faudrait-il le faire pour intégrer complètement sa métaphore ?

Merci.


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