L'hypnose pour créer sa vie, son oeuvre, son monde

°°°CREER SA VIE°°° régler un problème, soulager un symptôme, récupérer de l'énergie, lâcher du lest, s'émanciper d'une addiction, transformer le réseau d'influences, activer des ressources, choisir, se libérer, s'épanouir, ressentir, grandir, stimuler, se centrer, changer vers un mieux-vivre '''''CREER SON OEUVRE''''' ouvrir, inspirer, souffler, se laisser embarquer, improviser, écrire, dessiner, composer, danser, jouer, monter, construire, capter, oser, réaliser, proposer, partager, faire oeuvre ***CREER SON MONDE*** parcourir, explorer, plonger, planer, découvrir, étendre ses connaissances sensorielles, tester, examiner, prospecter, étudier par les sens, arpenter, jouer, expérimenter, modeler, moduler, inventer, augmenter, expanser…

Histoire de l’hypnose

Connaitre l’histoire de l’hypnose permet de comprendre ses fonctionnements actuels. En effet, aujourd’hui encore, ses représentations oscillent entre la fascination et la science.

Après avoir pris connaissance de l’histoire (et prolongé les points qui vous intéressent par les liens proposés), je vous invite à parcourir les pages:

Histoire de l’hypnose

Origines: médecines suggestives religieuses et mystiques

Les origines de l’hypnose sont attribuées à la médecine suggestive, comme le chamanisme. Certain.e.s font remonter la préhistoire des hypnotiques (méthodes utilisant les états modifiées de conscience pour soigner), religieux et mystiques, à des manuscrits cunéiformes sumériens âgés de plus de 6000 ans.

Fumigation, prière, exorcisme… sont pratiqués en Europe pendant des siècles pour guérir certaines troubles mentaux.

« Ce lien spirituel entre l’action du médecin, réconciliant un Dieu courroucé avec les hommes souffrants, a accompagné notre médecine occidentale jusqu’au XVIIe siècle. La célèbre phrase du chirurgien de François Ier, Ambroise Paré, traduit bien ce fait : « Je les soigne, Dieu les guérit ». La lettre des neurosciences, numéro spécial hypnose.

 

Magnétisme animal, mesmérisme d’Anton Mesmer

Au 18ème siècle, les explications religieuses et mystiques sont abandonnées au profit du magnétisme animal, créé par Anton Mesmer (médecin allemand 1734-1815).

Estimant que la médecine est en retard par rapport à d’autres sciences, Mesmer tente une approche fondamentalement différente de la thérapeutique. Il postule l’existence d’un fluide universel, aussi influent que le magnétisme minéral et, comme lui, impossible à saisir par les organes des sens. Le lien entre l’homme et l’univers serait du même ordre que le lien entre les objets aimantés. Toutes les maladies proviennent d’une mauvaise répartition du fluide à l’intérieur du corps humain. Il suffit donc, grâce à un aimant, de drainer le fluide de façon adéquate afin de rééquilibrer la bipolarité humaine. Mesmer abandonne rapidement l’aimant après avoir constaté qu’il obtient d’aussi bons résultats par le toucher manuel. Il passe ainsi de la théorie du « magnétisme minéral» à celle du «magnétisme animal». Il provoque chez ses patients (en majorité des femmes) des crises convulsives qui entraînent des guérisons.

Il s’installe à Paris, en 1778 et développe sa théorie avec des «thérapeutiques de groupe», qui, selon lui, décuplent la puissance du fluide. Dans une pièce close, il réunit, autour d’un baquet rempli d’eau et de limaille de fer magnétisée, un certain nombre de patients. Chaque patient, placé devant une tige de fer articulée qui sort du baquet, dirige lui-même celle-ci sur les parties malades du corps. Tous sont reliés entre eux par une corde qui permet la circulation du fluide. Pendant ce temps, le praticien impose les mains sur les malades ou les touche à l’aide d’une baguette de fer aimanté.

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Sources: encyclopédie universalis 

Consultez la vidéo sur le baquet de Mesmer par le musée d’histoire de la médecine et de la pharmacie de Lyon.

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Anonyme, Séance de magnétisme, 1784, gravure à l’eau-forte

Son élève, Le Marquis de Puységur, fait évoluer la pratique de Mesmer et propose une théorie du magnétisme animal qui repose sur l’influence. C’est lui qui a démontré l’importance du « sommeil magnétique », encore appelé somnambulique, au cours duquel le patient reste en relation avec le magnétiseur et peut ainsi se laisser suggestionner. Pour Puységur, la transe est un « état de somnambulisme provoqué » et le véritable agent curatif est la volonté du magnétiseur.

A lire en ligne: Revue d’histoire du 19ème siècle De Mesmer à Puységur. Magnétisme animal et transe somnambulique, à l’origine des thérapies psychiques

Son ouvrage est disponible sur Gallica

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https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6460832j.texteImage

L’abbé Faria (1755-1819)

Prêtre portugais et professeur de philosophie, il substitue le terme « sommeil lucide » au terme « sommeil somnambulique » et ouvre un cours public à Paris dès 1813. Il met au point des techniques d’induction et de suggestions directes et défend l’idée que le sommeil lucide ne ferait que libérer certains aspects de l’âme qui s’expriment dans les rêves. le rôle de l’accompagnant est d’aider le patient à atteindre cet état. En cela, il est le précurseur du positionnement de l’hypnothérapeute moderne.

Certaines inductions sont encore utilisées dans l’hypnose directive (hypnose de spectacle et hypnose de rue), comme celle de placer la main de l’hypnotiseur face au visage de la personne à hypnotiser, de manière à ce qu’il la fixe du regard, puis la rapprocher de ses yeux en suggérant le sommeil.

Ecoutez les émissions de France Culture qui sont dédiées à l’abbé Faria

Lisez l’ouvrage de Faria sur le site de Gallica: « De la cause du sommeil lucide« 

Article de la revue d’hypnose sur l’Abbé Faria

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Dans certains hôpitaux, des barreurs/coupeurs de feu ont une pratique qui ressemble à celle du magnétisme animal. Comme Mesmer et ses élèves, ils soignent essentiellement les douleurs,  ils pansent le feu, traitent les ulcères, la sclérodermie…

Sur les guérisseurs et barreurs de feu d’aujourd’hui dans les hôpitaux: une émission de France Culture: Le corps (3/4) : « Guérisseurs et médecins : primum non nocere » et de France inter Guérisseurs, magnétiseurs, coupeurs de feu… que dit la médecine ?Journal TV, Nouvel Obs, thèse universitaire du Docteur Nicolas Perret, introduction de l’ouvrage Hypnose et pensée magique du docteur Edouard Collot…

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Coupeur de feu contemporain

Apparition du terme « hypnose », après la publication de James Braid (1843)

Selon James Braid, neuro-chirurgien écossais auteur de Neurypnology; or the rationale of nervous sleep, considered in relation with animal magnetism, la neuro-hypnose, proche du somnambulisme, apparait suite à une fixation prolongée sur un stimulus externe (ex: surface brillante), entrainant un état de fatigue.

Il insistera plus tard sur la concentration sur les mots et gestes de l’hypnotiseur, puis sur le rôle de la suggestion verbale dans l’apparition des effets recherchés sous hypnose . Il introduira le « monoïdéisme », selon lequel si une idée ou une image (mon bras est léger) n’est pas contredite par l’esprit, alors elle est réalisée (mon bras s’élève).

Braid arrive à la conclusion que c’est le patient lui même qui se place en sommeil critique et qu’il n’existe aucune influence magnétique passant de l’opérateur au sujet. Il dément ainsi la notion de fluide universel chère au mesmérisme et appela sa pratique Neuro-hypnotisme.

A lire en ligne: James Braid par le docteur Edouard Collot

Après la publication en anglais en 1843 de l’ouvrage de Braid, le terme « hypnotisme » se répand parmi les médecins français pour désigner un sommeil ou un somnambulisme provoqués volontairement et artificiellement. On ne parle plus de sommeil magnétique (provoqué par la manipulation d’un fluide magnétique), mais d’un sommeil hypnotique ou d’un état d’ « hypnotisme ».

Le terme « hypnose », lui, apparaît en français vers 1880. Il désigne les diverses pratiques faisant usage de l’état hypnotique (hypnose médicale, hypnose clinique, hypnose légale, hypnose de scène).

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Entrée du terme « HYPNOSE » dans le dictionnaire médical français (1882)

En France, deux courants jouent un rôle dans le développement de l’hypnose.

L’école de la Salpétrière à Paris, dirigée par Charcot (1825-1893)

Les travaux de Braid intéressent Charcot, premier titulaire de la chaire de neurologie en France et médecin-chef à la Salpétrière. La facilité avec laquelle l’hypnotiseur pouvait reproduire les symptômes de l’hystérie par la transe le conduit à définir l’hypnose comme un état pathologique, une névrose hystérique artificielle. Pour lui, seules les personnes prédisposées à l’hystérie sont hypnotisables. Il utilise l’hypnose comme un outil qui permet d’étudier mes manifestations du syndrome de l’hystérie.

Ses travaux permettent à l’hypnose d’être reconnue par l’Académie de médecine.

Freud a suivi ses enseignements et a eu recours pendant un temps à l’hypnose avant de l’abandonner.

A écouter: l’émission de France Culture dédiée à Charcot

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Une leçon clinqiue du docteur Charcot à la Salpêtrière (D’après le tableau de A. Brouillet). in J. Morin, L’hystérie et les superstitions religieuses. Paris, 1902.

L’école de Nancy, représentée par Liebault et bernheim

En 1889, au premier Congrès international d’hypnotisme, ce sont les théories de l’école de Nancy qui sont retenues.

Liebault est médecin et s’inspire des travaux de Faria et de Braid. sa technique consiste a demander au patient de le regarder dans les yeux pour fixer son attention. Puis il l’invite à dormir par des suggestions directives qu’il répétait (lourdeur des paupières, sensation de somnolence, lenteur de raisonnement, isolement du monde extérieur…).

En 1884, le professeur de clinique médicale de la faculté de médecine de Nancy, Hippolyte Bernheim (1840-1919) publiait un ouvrage intitulé De la suggestion dans l’état hypnotique et dans l’état de veille, dans lequel il exposait la méthode de Liébeault et ses applications cliniques.

A lire en ligne: Nouveau regard sur l’Ecole hypnologique de Nancy à partir d’archives inédites, par Alexandre Klein

Et « L’hypnose: l’école de Paris face à l’école de Nancy« , par carnet2psycho

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Bernheim (1840-1919)

Médecin et neurologue français, professeur à la faculté de médecine de Nancy, défend le rôle prépondérant de la suggestion sur les phénomènes hypnotiques. Pour lui, l’idée suggérée devient une sensation, une émotion ou un acte. Elle peut aussi neutraliser une sensation, une émotion ou un acte. Pour cela, l’état somnambulique n’est pas nécessaire. Il déclare que ce qu’on appelle « hypnotisme », n’est autre chose que la mise en activité d’une propriété normale du cerveau, la suggestibilité.

L’hypnose est donc présentée par l’école de Nancy comme un endormissement apte à la réalisation d’une suggestion pouvant permettre la guérison de divers maux. C’est une méthode thérapeutique applicable à tous et non seulement aux hystériques (contre les théories de Charcot). Il ne s’agirait donc que d’atteindre un état dans lequel les facultés de contrôle sont engourdies et les facultés imaginatives amplifiées, pour obtenir une haute suggestibilité,  c’est à dire une bonne aptitude à être influencé par une idée extérieure et à chercher sa réalisation.

Bernheim s’éloigne peu à peu de l’hypnose, car selon lui ses effets peuvent être obtenus en employant d’autre techniques. Il s’intéresse ainsi à cette nouvelle manière de faire passer des suggestions à l’état d’éveil qu’il nommera la psychothérapie.

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Bernheim

Les apports les plus importants de l’école de Nancy sont :

  • l’intérêt thérapeutique de l’hypnose pour tou.te.s
  • le rôle des suggestions verbales
  • le rôle de la relation établie entre le thérapeute et le patient
  • la profondeur de l’état d’hypnose (la transe n’est pas nécessairement somnambulique).

L’école de Nancy a évincé les théories de Charcot. Cependant, le caractère vu comme fantaisiste de stimuler l’imagination lui vaut d’être écartée. A part avec Pierre Janet, l’hypnose ne sera plus étudiée ni utilisée en thérapie pendant plus d’un siècle.

Pierre Janet (1859 – 1947)

Dès que la mode aura fait son tour, elle ramènera les traitements par la suggestion hypnotique, comme elle ramène les chapeaux de nos mères. Janet, 1919

Philosophe, psychologue et médecin, Pierre Janet est un incontournable dans l’histoire des thérapies en général et de l’hypnose en particulier. Charcot le nomme directeur d’un laboratoire à l’hôpital de la Salpêtrière, avant même qu’il ne soit médecin. Il est aussi fondateur et premier président de la Société française de psychologie en 1901, professeur au Collège de France de 1902 à 1934, co-fondateur du Journal de psychologie normale et pathologique en 1903, membre de l’Institut en 1923, président en 1929 de la prestigieuse Société médico-psychologique. Il a contribué durant 60 ans à la psychologie, toujours dans le cadre de la recherche expérimentale publiée et évaluée.

Pierre Janet entreprend – entre autres – des recherches sur l’hypnose. Pour lui, elle serait le résultat d’une conscience secondaire dissociée, ou double conscience. Il se fonde sur les phénomènes de dédoublement de la personnalité et sur ce qu’on appelle les phénomènes d’amnésie post-hypnotique.

Cependant, le discrédit engendré par les travaux de Charcot, les difficultés à appréhender les phénomènes hypnotiques, l’éclosion des théories psychanalytiques… font rapidement tomber l’hypnose dans l’oubli en France. Janet : « Les immenses fleuves que sont la psychanalyse et la méthode psychosomatique, ont pris leur source dans l’hypnose, et après s’être détachés d’elle, ils y reviennent de façon souvent détournée, mais de plus en plus accusée. »

Le praticien et formateur en hypnose Antoine Garnier est un spécialiste de Janet. Je vous renvoie donc sur son blog pour de plus amples explications. Ses articles sur Janet sont des mines d’informations.

Textes en ligne sur le site Les classiques des sciences sociales

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Pierre Janet

Réhabilitation de l’hypnose fin des années 50.

Il faut attendre la fin des années 50 pour que l’hypnose soit réhabilitée officiellement, par un rapport de la British médical Association, puis par l’American Association.

En France, la réintroduction de l’hypnose dans la pratique clinique est principalement due à Léon Chertok (1911-1991), suite à ses rencontres avec Erickson.

Milton Erickson (1901-1980)

Erickson, psychiatre et psychologue américain, a révolutionné l’hypnose, par l’apport  de techniques et de concepts. Il a inspiré la pratique de l’hypnose, mais aussi la thérapie brève de Palo Alto et la programmation neuro-linguistique.

Daltonien, musique, dyslexique et atteint de poliomyélite, Erickson a expérimenté sur lui-même certains phénomènes, qu’il met plus tard en application dans l’hypnose thérapeutique. A 17 ans, il meuble son ennui en étant alité par des jeux d’observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il passe également beaucoup de temps à s’observer et à observer sa soeur qui apprend à marcher, pour tenter de rééduquer son corps: « Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C’est ainsi que j’ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements ».

Après Erickson, l’hypnose thérapeutique a radicalement changé. Voici ses principaux apports:

La thérapie est sur mesure: L’observation verbale et non verbale, sans idées préconçues, est primordiale pour travailler sur-mesure car aucune théorie psychologique ne peut, pour Erickson, rendre compte de l’infinie complexité et diversité de l’humain. Ce qui convient à cette personne dans ce contexte particulier est unique.

L’inconscient de la personne est positif (par opposition à l’inconscient psychanalytique qui met en péril l’équilibre), c’est un réservoir de ressources, un de connaissances, d’apprentissages dont le patient ignore l’existence et auquel il doit apprendre à faire confiance: L’utilisation de la transe peut être considérée comme naturelle. Quand nous dormons et quand nous sommes éveillés, les cycles de 90 à 120 minutes se terminent par 20 minutes de rêve nocturne, de rêverie diurne, d’absorption dans un souvenir… de façon à permettre à l’organisme de se ressourcer. L’hypnose permet de créer de façon volontaire cet état de dissociation et devient un outil de reconstitution par lequel accéder à ses propres ressources et solutions dans l’inconscient pour faire face à un problème. En état d’éveil, ces ressources ne sont pas accessibles. Notons que la transe éricksonienne n’est plus somnambulique, elle peut être légère. Erickson aimait d’ailleurs travailler en hypnose conversationnelle. Et le mot « inconscient » a une signification très différente de l’inconscient freudien.

L’hypnose est permissive (><hypnose autoritaire): Ce n’est pas le thérapeute qui détient la solution. Le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu’il rencontre. Il s’agit par conséquent d’utiliser ses compétences et ses possibilités d’adaptation personnelles. Il garde son libre-arbitre. Rien ne lui est imposé. Il lui est d’ailleurs possible d’interrompre la transe à tout moment.

L’approche utilisationnelle : « la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l’être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l’individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser »

La relation thérapeutique est primordiale. Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. La résistance est une proposition de jeu. Tout est utilisé de façon positive pour introduire une relation de jeu, d’interaction, de complicité.

La transe de l’opérateur est un outil éricksonien également, pour capter les signaux subliminaux difficiles  percevoir quand la rationalité prime: « quand il y a une question cruciale à propos d’un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j’entre en transe ». Le rôle du thérapeute doit consister à mettre le patient en condition et à l’accompagner pour découvrir les ressources ignorées, qui vont permettre d’opérer en lui une modification. Ce rôle ne demande pas de rester entièrement rationnel. Il n’est pas nécessaire ni pour le patient ni pour le thérapeute de comprendre comment les changements se produisent, il est seulement important qu’ils se produisent.

Pour aller plus loin, je vous conseille le travail d’Antoine Garnier sur Milton erickson

Des vidéos avec Erickson, avec les sous-titres fr sont aussi disponibles, traduction de J. verot, chaine d’A. Garnier

Confédération hypnose et thérapies brèves: le site

Les élèves et collaborateurs de Milton Erickson ont recueilli des conférences et des notes. Il n’a pas écrit d’ouvrage lui-même mais de nombreux ouvrages lui sont consacrés.

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Après Erickson

Retenons que l’hypnose thérapeutique (post) éricksonienne permet d’explorer nos façons de fonctionner (patterns), de récupérer des ressources (joie, courage, laisser-faire, confiance…), ainsi que des solutions qui ont été trouvées dans le passé, de vivre de nouvelles expériences ou de vivre autrement l’expérience, d’envisager la réalité avec des représentations différentes, de construire des solutions nouvelles parfaitement ajustées… tout cela favorisé par une conscience qui semble en expansion, dans un état qui serait plutôt un hyperéveil qu’un sommeil.

De nombreux chercheurs ont continuer le travail d’Erickson. J’en cite quelques uns… je poursuivrai la liste et les explications dans les mois qui viennent.

Ernest Rossi

Ernest Rossi, né en 1933, est un psychothérapeute ericksonien, docteur en psychologie, et qui exerce à Los Osos, en Californie. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont certains sont écrits avec le psychiatre et psychologue Milton H.

Son site

Léon Chertok

Léon Chertok, né en 1911 à Lida et mort en juillet 1991 à Deauville, est un psychiatre français connu pour ses travaux sur l’hypnose et la médecine psychosomatique

Une vidéo de léon Chertok

Didier Michaux

Didier Michaux, né en 1944, est un docteur en psychologie, hypnothérapeute français.

François Roustang

Né en 1923 et décédé en 2016, François Roustang a été jésuite, psychanalyste puis hypnothérapeute.

Le génial François Roustang sur Youtube (je suis fan!)

Thierry Melchior

Il a été l’un des membres fondateurs de l’Institut Milton H. Erickson de Belgique, puis de l’Institut Milton Erickson du Nord de la France (à Lille). Avec l’Institut Erickson de Belgique, il a participé au tout début du retour à l’hypnose en Belgique francophone dans les années ’80. Il a également été à l’origine de la Société Belge d’Hypnose de Langue Française dont il a été le premier Président. Il est décédé en 2016.

Son site

Entretien entre Isabelle Stengers et Thierry Melchior sur l’hypnose

 

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Notez qu’aucune femme ne figure dans ce qui est relaté comme l’histoire de l’hypnose et qu’il y en a très peu dans les listes de formateurs internationaux actuels (voici un contre-exemple: Dr Marie-Elisabeth Faymonville). En revanche, de nombreuses femmes sont hypnopraticiennes. A suivre…

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Et aujourd’hui?

De façon générale, l’hypnose continue à se situer dans différents champs dont les extrêmes sont difficilement compatibles. Entre les opérations chirurgicales, les shows télévisés, les transformations thérapeutiques, l’augmentation des performances sportives relatées par les médias et les récits de manipulation racontés par le cinéma, la littérature, la BD… les projections s’entremêlent.

Le champ thérapeutique, lui, occupe le champ intermédiaire, avec des écoles et des praticiens proches des hôpitaux, de la recherche scientifique, des universités, des écoles… et d’autres plus proches de pratiques spirituelles.

L’hypnose éricksonienne est l’une des hypnoses thérapeutiques qui  est en voie d’institutionnalisation.

Voici en guise d’introduction la présentation très claire d’Antoine Garnier, l’un des formateurs en hypnose éricksonienne les plus reconnus en francophonie. N’hésitez pas à vous plonger dans sa chaine youtube.

 

Et, de façon pratique, retenons ces quelques points concernant l’hypnose éricksonienne:

  • dissociation: elle est un moyen de communication thérapeutique qui exploite les capacités naturelles du sujet à se dissocier de la réalité extérieure et à se centrer sur son monde intérieur (la dissociation provoquée est indispensable à l’état d’hypnose: il s’agit d’être là tout en étant ailleurs, sans perdre pour autant le contrôle de la réalité)
  • EMC: l’état d’hypnose peut être léger ou plus profond (il n’y a pas de corrélation entre la profondeur de transe et l’efficacité de l’hypnose)
  • ressources: elle facilite l’émergence des ressources et compétences par des expériences inaccessibles à la conscience et permet au sujet de les explorer sans restriction, grâce à la suspension du contrôle de l’état de veille. Le sujet crée sa solution, ce n’est pas  le thérapeutique la lui donne. Chacun dispose en soi des ressources nécessaires pour résoudre les difficultés qui l’amènent en thérapie.
  • recadrage: elle permet au sujet d’effectuer des recadrages de sa perception et de son interprétation  de sa situation, de reconsidérer les événements à partir d’autres points de vue, à voir et à ressentir autrement les données du problème, à sortir des automatismes et habitudes, à changer ses croyances, à envisager de nouvelles solutions
  • présent: elle s’intéresse à la solution actuelle et non au « pourquoi » du passé
  • suggestibilité: elle met le sujet dans un état élevé de suggestibilité (elle permet au sujet d’expérimenter des suggestions sans le forcer)
  • liberté: elle est permissive, elle respecte le libre-arbitre du sujet qui peut à tout moment interrompre sa concentration intérieure et ne se trouve jamais sous l’emprise du thérapeute, qui respecte ses choix même s’ils entretiennent les symptômes.
  • autonomie: le sujet est actif dans sa transformation et acquiert des outils d’autohypnose qui lui permettront de poursuivre le travail ultérieurement
  • accompagnement: la tâche du thérapeute est d’établir une alliance thérapeutique (établir la confiance et faire équipe) et de s’adapter au monde du sujet (son langage, ses canaux de communication privilégiés, ses représentations, son fonctionnement affectif, ses métaphores) pour répondre à la demande d’aide posée. L’hypnose éricksonienne repose sur la collaboration entre l’expert du problème (le sujet) et l’expert de la technique (le thérapeute)
  • 4 phases: 1: construction de l’alliance thérapeutique et définition de l’objectif (attentes, stratégie de changement) / 2: induction de la transe hypnotique où le sujet atteint un état de conscience modifié / 3: travail thérapeutique / 4: réassociation et retour à l’état de veille + vérification
  • Autres outils associés: la PNl, la prescription de tâche et autres techniques sont souvent utilisées en association avec l’hypnose éricksonienne

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Ensuite, pour tenter d’y voir clair, je vous propose de visiter différentes pages de ce site, pourvues de nombreux liens externes:

Je vous souhaite de belles découvertes!

 

 

 

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